jeudi 10 janvier 2019

Solution de Crystal 5 sur ZX81

Et voici la solution complète de Crystal 5 avec un petit montage vidéo dont vous me direz des nouvelles...

Je tiens à remercier chaleureusement Xavsnap pour tout le temps passé à tracer les plans, taper et retaper la solution.


Programme 2 :

(12):"Retour" (lumière)
(10):"Retour" (Monte escalier)
(27),(32):"Retour" (explose serrure au nord)
(35):"Retour" (E)

Code :
"99999999999999999999999999999900BLOOD"
Nota:
- On peut prendre de la vie dans la pièce nord.
- Le code initialise les variables du jeu. Donc, on mets ce que l'on
veut, puis son pseudo.
16 variables "XX", donc 32 caractères numériques, puis le reste avec le
nom du joueur.
A l'écran:
"9999999999999999999999999999990
0BLOOD"[N/L]


Programme 3 :

(35):"Retour" (E)
(33),(35):"Retour" (SE)
Combat:
(23):"Retour" (balles paralysantes)
(33),(35):"Retour" (SE)
"Informations? O"

Programme 4 :

(33),(35):"Retour" (SE)
Nota: On peut fouiller pour interroger l'ordinateur.

(32),(34):"Retour" (NO)
(32):"Retour" (N)
combat:
(24):"Retour" (balles explosives)> 7 points - X points
(24):"Retour" (balles explosives)> - X points
(24):"Retour" (balles explosives)> - X points
 >Si chanceux, on ne meurt pas. sinon 'ESPACE' et RUN<

(32):"Retour" (N)
(30):"Retour" (Fouiller)
"1" > Cabine suivante...
"1" > Cabine suivante...
"1" > Cabine suivante...
"1" > Cabine suivante...
Cabine 5:
"1" > Ouvrir
"1" > Questionner
"2" > Partir...

Fin

mercredi 9 janvier 2019

Interview de Cyril Dufer, auteur de Crystal 5 sur ZX81

C'est au calme, dans une rue pavillonnaire des quartiers Nord de Nantes que je me suis posé devant l'écran, j'avais rendez-vous avec Cyril Dufer, l'auteur de Crystal 5 sur ZX81, interview :

[Blood] En premier lieu, peux-tu te présenter stp ?
[Cyril Dufer] Je m'appelle Cyril, j'habite dans le sud de la France, dans un petit village pas très loin de Toulon et je travaille aujourd'hui dans la sensibilisation à l'environnement.

[Blood] Comment es-tu venu à l'informatique et aux jeux vidéo ?
[Cyril Dufer] Il y a fort longtemps, un peu par hasard, au détour d'une allée d'un supermarché, je tombe sur l’un des tout premiers ordinateurs grand public : le ZX-80. Je me souviens être resté longtemps devant la fiche descriptive où étaient présentées les différentes instructions en Basic disponibles.

Ce fut comme une révélation. J'ai mémorisé ces commandes, puis je suis rentré chez moi écrire mes premières lignes de code sur un cahier. J'ai dû passer plus d’une année à gribouiller dessus des centaines de petits programmes, sans savoir, bien entendu, s'ils pouvaient ou non fonctionner.

En 1981, sors le ZX-81. J'achète la version en kit, à monter soi-même. Une superbe machine équipée, comme tu le sais, d'un petit Ko de mémoire. On m'offrira même pour Noël, l'extension à 16Ko.

[Blood] Et je présume que c'est là, de fil en aiguille qu'est né l'idée de faire Crystal 5 ?
[Cyril Dufer] Comme beaucoup d'ados, à cette époque, on passait quelques soirées, entre amis, à jouer à des jeux de rôle. La fusion entre les deux fut évidente.

[Blood] Vous jouiez à quels jeux de rôle par exemple ?
[Cyril Dufer] Tu m'en demandes beaucoup... J'avais plusieurs groupes d'amis, qui jouaient avec des règles différentes. J'étais un peu un électron libre, passant d'un groupe à l'autre, avec des scénarios, des époques et des mondes différents.

[Blood] Il y avait un jeu de rôle dans un univers SF auquel tu jouais ou l'inspiration SF de Crystal 5 provenait d'ailleurs ?
[Cyril Dufer] Crystal 5 est l'adaptation d'un de ces jeux. J'ai essayé de simplifier les règles et de retranscrire l'ambiance que l'on pouvait trouver durant ces soirées.

[Blood] Te souviens-tu, par hasard, du titre de ce jeu de rôle plateau ?
[Cyril Dufer] Malheureusement non. On m'avait prêté le scénario... Et je n'ai plus les multiples notes et schémas que j'avais pu faire à l'époque.

[Blood] Donc, venons-en à Crystal 5, comment s'est passé le développement ?
[Cyril Dufer] De ce dont je me souviens, c’était relativement long ! 3 parties, chacune remplissant entièrement la petite mémoire de la machine de l'époque. Beaucoup de lignes de code pour essayer de retranscrire l'histoire de cette base spatiale, perdue sur la planète Crystal 5.

[Blood] Tu avais quel âge ?
[Cyril Dufer] J’étais dans ma première année de lycée. Je devais avoir une quinzaine d'années.

[Blood] A l'époque, c'était encore original de proposer un RPG dans un univers SF, pourquoi ce choix ?
[Cyril Dufer] J'avais une petite préférence pour les jeux de rôle contemporain ou de l'univers SF... N'adhérant pas trop à l'univers médiéval-fantastique (peut-être un sacrilège pour les puristes ;-) ).

[Blood] Y a-t-il des RPG qui t'ont inspiré pour créer Crystal 5 ? En toute franchise, je ne sais pas s'il y en avait sur ZX81...
[Cyril Dufer] Il est probable que ce soit le tout premier portage d'un jeu de rôle sur ordinateur. Quelques mois (ou années) après, la presse spécialisée avait justement titré un article sur Crystal 5 dans ce sens.

[Blood] Quels sont les livres ou films SF qui ont bercé ta jeunesse, ton enfance ?
[Cyril Dufer] Comme beaucoup à cette époque : 2001, Star Wars, Alien...

[Blood] Donc plusieurs mois de travail, un huis clos, 3 parties, 2 enregistrements audio pour le début et la fin et après tu t'es donc mis à la recherche d'un éditeur ?
[Cyril Dufer] Cela peut paraître un peu dingue, mais je pense avoir mis presque un an à le développer. Je faisais cela un peu le soir et le week-end... revenant souvent sur le scénario et modifiant et simplifiant les actions.
C’était un travail long et laborieux. Beaucoup de lignes de code, à écrire, réécrire et déplacer en fonction de l’avancement du jeu. Le copier/coller n'existait pas et la souris n’avait pas encore été inventée.

Ces lignes, que ton équipe de dingue et toi-même avez réussi à ressusciter et que j’ai pu voir, m'ont replongé quelques belles décennies en arrière. J'ai retrouvé également avec plaisir les versions audio. Si mes souvenirs sont bons, c’était deux copines, Édith et Nathalie, qui avaient enregistré ces parties.
[Blood] Merci pour l'anecdote :-)

[Blood] Et donc, concernant AGB, l'éditeur, comment s'est effectué le contact ?
[Cyril Dufer] A la fin de l'année, le projet était bouclé : un programme qui tournait, des parties audio pour se mettre dans l'ambiance, un mode d'emploi, une jaquette... J'ai envoyé le tout à une dizaine d'éditeurs qui étaient très actifs sur ZX-81. AGB a été le premier à me répondre et à me proposer un contrat d'édition.

[Blood] Que stipulait le contrat, tu l'as encore ? Est-ce que, par exemple, tu avais des royalties ou juste un fixe ? Et surtout, c'est tes parents qui ont géré ça, je pense, vu que tu étais mineur ?
[Cyril Dufer] Malheureusement, je n'ai plus aucune trace de tout cela. C'était un pourcentage sur les ventes, et il est vrai que c'était mon père qui avait réglé cette partie. Peut-être que le jeu marchait assez bien, car quelques semaines après, AGB m'envoie le ZX-Spectrum pour que je puisse l'adapter sur cette nouvelle machine.

Si je ne dis pas de bêtises, à intervalle régulier, l'éditeur m'envoyait un petit chèque. Oh pas bien important, mais significatif pour le marché de niche que représentait le jeu vidéo de l'époque...

[Blood] Combien a rapporté le jeu et à combien d'exemplaires s'est-il écoulé ?
[Cyril Dufer] Très difficile à dire. Peut-être quelques centaines de francs. Je pense qu’il y avait un engouement pour les jeux de rôle, et le fait que l'on puisse en trouver un sur ordinateur a joué en ma faveur. Et puis, existaient ces petites innovations (les 3 parties chainables, les enregistrements audio) qui font que la presse spécialisée l'a plutôt bien accueilli.

[Blood] Donc au niveau des retours, aussi bien des joueurs que de la presse, c'était comment ?
[Cyril Dufer] La presse l'avait accueilli avec bienveillance. Le magasine Tilt l'avait même classé dans les 20 meilleurs jeux sur ZX-81.

Mais je n'ai jamais eu un seul retour de joueur... Avec le recul, je pense qu'il y avait une certaine aura pour l'univers dans lequel ce jeu évoluait, mais peut-être que la jouabilité n'était pas au rendez-vous. En fait, c'est toi, en tant que premier joueur que je rencontre, qui va enfin pouvoir me dire...
[Blood] Le background est passionnant, mais la liste d'action à choisir est un gameplay assez lourd que l'on retrouvait très fréquemment sur les jeux avec de l'ambition de l'ère 8 bits. L'arrivée de la souris quelques années plus tard a permis de simplifier cela.

[Blood] De quoi te souviens-tu concernant le jeu ? Une anecdote en particulier te revient ?
[Cyril Dufer] Je n’ai plus aucun souvenir du jeu en lui-même. Il me tarde de le redécouvrir, quand je vais enfin le lancer sur mon ordinateur.

[Blood] Donc AGB t'a offert un ZX Spectrum pour réaliser le portage de Crystal 5, mais à ma connaissance, il n'existe pas de portage justement ?
[Cyril Dufer] Non, tu as raison. Un jour AGB a disparu des écrans radars... et je n'ai jamais envoyé la version finale pour cette machine.

[Blood] Tu l'avais fini ? Te reste-t-il la cassette?
[Cyril Dufer] J'étais sûr que tu allais me poser la question ! ;-)
Malheureusement, je ne sais pas du tout où l’enregistrement a pu atterrir. J’espère qu’il n’a pas fini à la poubelle, après un énième déménagement.

[Blood] Qu'est-ce que tu avais changé entre la version ZX81 et ZX Spectrum ?
[Cyril Dufer] Le scénario était le même. C'est surtout les graphismes, la couleur et le son qui étaient enfin de la partie.
[Blood] Ah, ça donne l'eau à la bouche !

Donc après Crystal 5, tu as sorti ou tu voulais sortir un autre jeu ?
[Cyril Dufer] Après le Bac, je rentre à l'université et je travaille en même temps au développement de petits programmes ludiques et interactifs pour le plan IPT (Informatique Pour Tous). Des programmes qui se retrouvaient dans les classes de collèges, sur les fameux MO5 et TO7 de Thomson.

On était une petite équipe de développeurs qui produisait des softs sans grande prétention. Essentiellement pour mieux appréhender quelques notions de math, abordées dans les programmes scolaires.

[Blood] Tu bossais pour FIL (France Image Logiciel) ?
[Cyril Dufer] Je ne pourrai te dire… C’était une boite de la région Paca, qui alimentait un réseau de distribution de ces programmes.

[Blood] Et après le passage par la case Thomson, tu as continué à développer des programmes ?
[Cyril Dufer] Avec certains des membres de cette petite équipe, à la fin de mes études, on ouvre un centre serveur télématique (nous sommes en pleine révolution Minitel). Le développement devient alors Videotext !

[Blood] C'est à dire ? Que faisiez-vous exactement ?
[Cyril Dufer] On développait et hébergeait l’ancêtre des sites internet (qui tournaient avec des accès 3614 ou 3615) pour différentes grandes sociétés. C’est une aventure qui a duré deux ans, puis on a revendu la boîte et je suis entré comme enseignant à l’université.

[Blood] Tu étais prof de quoi ?
[Cyril Dufer] D’informatique pardi ! Plus exactement des sciences de l’information et de la communication.

[Blood] Et du coup, fini le jeu vidéo ?
[Cyril Dufer] J’avais un peu de temps libre. J’en profite alors pour développer deux ou trois utilitaires pour PC…

[Blood] Quels types d'utilitaires ?
[Cyril Dufer] Un premier : Synops’tools, pour explorer le contenu multimédia de ton disque. Puis un second : i-Covers pour retrouver facilement des jaquettes de films. C’était des petits programmes gratuits qui remplissaient bien leur rôle.

[Blood] Par contre niveau RPG, après Crystal 5, voulais-tu en refaire un ou est-ce que finalement, c'était juste l'occasion, à l'époque ?
[Cyril Dufer] Ca été mon premier et dernier jeu. J'ai également abandonné l’univers des jeux de rôle à la fin du lycée.

[Blood] Et niveau jeu vidéo, y a-t-il des titres qui t'ont marqué au fil des ans ?
[Cyril Dufer] Aïe ! Si je te dis que je n’ai jamais connu que le solitaire et le démineur… Je n’ai jamais été un grand joueur.
[Blood] C'est pas grave, j'ai toujours été nul au solitaire :-p

Et aujourd'hui, quelle est ton actualité qui te fait voyager aux quatre coins de la France ?
[Cyril Dufer] Après une dizaine d’années à enseigner à l’université, j’ai eu envie de changer d’horizon… Aujourd’hui, je donne dans la conférence-spectacle dans le domaine du développement durable. De belles images projetées sur grand écran, un rythme dynamique et l’interactivité du public au moyen de boîtiers de vote électronique. Un bon moment à passer. Faudra que tu viennes voir cela quand je serai vers chez toi.
[Blood] Avec plaisir :-)

As-tu un message pour les fans du ZX81 ?
[Cyril Dufer] Le ZX-81 ? Un ordinateur et des logiciels qui aujourd’hui peuvent paraître ridicules, mais qui ont permis, à leur manière et à une certaine époque, de développer et démocratiser l’informatique grand public. Cette petite machine fait partie de l’histoire ! En tous cas un grand bravo à toute ton équipe de passionnés, qui de manière bénévole et sur votre temps libre, avez la lourde tâche de ne pas laisser sombrer aux oubliettes ces petites perles sur lesquelles on s’extasiait à l’époque. Soyez-en ici remercié !

[Blood] Merci à toi, tu m'as donné tellement d'infos que je ne sais pas ce que je vais bien pouvoir ajouter de plus concernant Crystal 5...
[Cyril Dufer] Merci à toi pour tout ce que tu fais.

Interview réalisée par Blood le 9 Janvier 2019 pour le Blog Arkalys Project. Encore merci à Cyril Dufer pour sa patience et sa gentillesse de m'avoir accordé cette interview.

mardi 8 janvier 2019

Crystal 5 sur ZX81

1985 fut l'année de sortie d'un RPG futuriste tombé complètement dans l'oubli : Crystal 5. Les habitués du Facebook le savent, c'est depuis Juin dernier que je me démène pour gratter la moindre info sur ce titre. Aujourd'hui est un grand jour car le jeu a été récupéré, dumpé, fini, l'auteur a été retrouvé et interviewé !

Semaine spéciale Crystal 5 donc avec pour commencer, cette petite vidéo de présentation. Je vous donne rendez-vous demain pour l'interview et jeudi pour la solution.

Ci-dessous, vous trouverez le dossier en vidéo ou au format écrit, à votre convenance et bien entendu, la rom du jeu :

Rom du jeu pour ZX81




C'est en Juin dernier que je vous ai parlé pour la première fois de Crystal 5, un RPG futuriste sorti en 85 sur ZX81. Vu que le jeu n'avait jamais été dumpé, j'ai passé ces derniers mois à contacter l'auteur qui a eu la gentillesse de me prêter sa version mais il fallait encore que je trouve des personnes à même de m'aider à réaliser le dump. Mais ce n'était là que le début puisqu'il fallait également jouer au jeu, puisque c'était un peu le but initial et tant qu'à faire, le finir. Puis, il y a une semaine, j'ai donc eu la chance d'interviewer son auteur et une dernière pièce s'est ajoutée au puzzle de toute cette histoire : Crystal 5 est inspiré d'un jeu de rôle papier : Méga.

C'est en 1984, en pleine super 5 mania que Jeux & Stratégie, un magazine consacré aux jeux de rôle, aux wargames et aux jeux vidéo, sorti un numéro spécial qui fera date puisqu'il proposait les règles d'un jeu de rôle complet pour le prix d'un mensuel : Mega de Michel Brassinne et Didier Guiserix.
L'idée étant de jouer des messagers galactiques capables de passer d'une dimension à une autre en passant par un vortex, ici appelé tetra head, afin de vivre des missions dans dans environnements variés tels que la science-fiction bien entendu, l'uchronie mais également la période contemporaine ou bien encore l'histoire mais tout en conservant, d'une partie sur l'autre leurs souvenirs, leurs expériences. Dans chaque mission, nos messagers galactiques devaient comprendre le monde dans lequel ils avaient atterris et tâcher d'y apporter une réponse, résoudre un conflit, Sliders avant l'heure.

Le titre a fait un carton et a permis de démocratiser le jeu de rôle par chez nous si bien que d'autres versions verront le jour, tout d'abord, toujours sous la forme de supplément pour le même magazine, Mega 2 en 1986 suivi en 1992 de Mega III pour le magazine Casus Belli puis une version distribuée gratuitement sur la toile, Mega 4 en 2004 et finalement, la dernière monture : MEGA 5e Paradigme qui lui, est sorti en Octobre 2018 !

C'est en 1985, qu'un étudiant, Cyril Dufer, décidera de rendre hommage à la licence en produisant un jeu vidéo sur ZX81 : Crystal 5. Le titre a été produit par A.G.B., une boîte d'Orléans dirigée par Alain Bregeon qui se fera connaître, quant à lui, deux ans plus tard sur Amstrad CPC avec Le Passager du Temps.

Le jeu se distinguait dès l'entrée en la matière puisque un enregistrement audio sur la cassette du programme servait d'introduction. Le speech était que l'on était envoyé sur une autre planète, dans une base abandonnée où 12 hommes avaient disparus, dès lors, il nous incombait de mener l'enquête afin de comprendre ce qui s'était passé. Un dernier message nous demandait de ne pas prendre de risques inconsidérés si l'on découvrait qu'ils étaient tous morts. L'ambiance était posée.

Avant de mettre le pied sur la base, on nous rappelait le contenu de notre paquetage et l'on pouvait choisir un nom, bien dans l'esprit RPG vers lequel le jeu souhaitait nous voir plonger. Les statistiques étaient allouées automatiquement et une liste de 36 actions allait nous permettre d'interagir avec notre environnement. Il était nécessaire de tracer un plan pour s'y retrouver et finalement, la base n'était pas si abandonnée que ça puisque l'on tomberait rapidement sur les nouveaux habitants des lieux, et sur leurs enfants ! Les combats étaient au tour par tour et n'impliquaient pas beaucoup le joueur mais au moins, on pouvait utiliser notre rayon laser contre des monstres à la manière de Flash Gordon !

A mesure que l'on touchait au but, l'on passait d'une partie à l'autre, le jeu étant décomposé en trois phases. Entre la première et la seconde, un mot de passe empêchait les tricheurs d'aller plus loin. Plus on progressait, plus les combats étaient nombreux et paradoxalement, moins il y avait d'options. 

Ainsi, durant la dernière partie, les compétences disparaissaient et la moindre erreur était sanctionnée par la mort. La conclusion du jeu nous était livrée sous la forme d'enregistrement audio, comme pour l'intro.

Toute sa force, tout son potentiel, Crystal 5 ne le dévoilait pas aux joueurs qui allaient en ligne droite car en faisant cela, on se privait de tout le background, toute l'atmosphère. Par contre, en flânant en chemin, on pouvait s'imprégner des derniers moments qu'avaient vécus nos camarades car sans rien dévoiler, il s'était clairement passé quelque chose. C'est le magazine Tilt qui avait dit du programme qu'il s'agissait d'un bon jeu d'aventure et de rôle, très complet pour le ZX81 et ils avaient raison, cet ordinateur a eu le droit des jeux sincères, fait avec l'envie de faire plaisir plus que d'exploser les ventes et Crystal 5 est clairement de cette trempe. 

Après, inutile de tirer sur l'ambulance, le jeu est en noir et blanc, ne propose pas de graphisme, il a été édité par une petite boîte il y a 33 ans et jusqu'à aujourd'hui, personne avant moi n'avait pris la peine de le dumper donc je ne vais pas vous dire que j'ai trouvé le Wasteland Français méconnu. En revanche, ce que je peux vous dire est que pour peu vous soyez quelqu'un de patient pour qui les images du jeu ne vous rebutent pas, essayez Crystal 5 : A ce jour, premier et dernier hommage à Mega et qui arrive à créer une ambiance lourde et pesante malgré sa réalisation datée, ce qui en soit, est tout de même un exploit.

dimanche 16 décembre 2018

Mystique sur Amstrad CPC


Mystique est un obscur RPG sorti exclusivement sur Amstrad CPC en 1987 par Excalibur, une boîte Française tout aussi obscure, du moins pour ceux n'ayant pas joué sur Apple II ou Amstrad CPC dans les années 80. On lui doit une poignée de jeux d'aventure dont la marque de fabrique était de ne jamais adapter les graphismes sur Amstrad et Atari ST, ils avaient toujours ce petit côté tramage/faible résolution et ce style naïf propre aux productions de l'Apple II.

Malgré la mobilisation de la communauté via le Facebook, impossible de vous parler de l'auteur qui n'est pas crédité et qui semble avoir également travaillé sur un autre jeu de l'éditeur, l'Antre de Gork. De plus, je n'ai pas la notice non plus, ça commence bien...
 
Si l'on se réfère aux captures écran du jeu qui se cachent dans les tréfonds du net, Mystique est un jeu d'aventure. En revanche, dès le jeu lancé, on se rend tout de suite compte que l'on est bien en face d'un RPG puisque l'on doit créer une équipe d'aventuriers :


Une fois la partie lancée, on peut aller glaner des infos à l'auberge du village, passer chez l'armurier pour faire ses courses et allez au temple pour se voir confier une mission par les prêtres. Il est question d'aller récupérer un bouquin dans un labyrinthe pour gratter un indice auprès d'un ermite et vaincre un terrible dragon ou un truc dans le genre...

Dans le dédale, la progression se fait à la première personne dans un environnement en fil de fer et ce, dans un calme relatif, troublé à l'occasion de combats. Ces derniers sont au tour par tour et c'est là que le bât blesse. En effet, entre les ennemis de base qui arrivent à occire des combattants aux stats élevés et pourtant lourdement équipés aux magiciens dont les sorts ne sont pas reconnus par le programme, c'est la consternation !

 

C'est pour ça que je regrette de ne pas avoir la notice car j'aime à penser que j'ai loupé une évidence, non, ce n'est pas possible, on a pas pu sortir un jeu avec un système de combat buggé jusqu'à la moelle, je dois pas savoir comment m'y prendre, il y a forcément une autre explication ?

Et c'est la raison pour laquelle j'ai décidé d'aborder ce jeu sous la forme d'un texte écrit et non pas d'une vidéo. Il me reste encore un peu d'amour propre et qui ça amuserait de me voir mordre la poussière face à des ennemis "bas de gamme" ? Ne répondez pas...


Bref, en l'état Mystique promet plus qu'il ne tient et ne mérite pas votre attention, quant on pense qu'une suite était prévue...

lundi 3 décembre 2018

Interview de Michel Bouat, auteur de Traffic et Chevalier Arthur de Loriciels sur ZX81

C'est dans un restaurant traditionnel et particulièrement prisé du centre-ville de Nantes, Chez Maman, que j'ai eu l'occasion, pour vous, d'interview Michel Bouat.

Auteur de jeux vidéo sortis au début des années 80 sur ordinateur ZX81, grâce à la magie de Messenger, retrouvez ci-dessous ses anecdotes durant la période Loriciels :


[Blood] Bonjour Michel, pouvez-vous commencer par vous présentez ?

[Michel Bouat] En fait aujourd'hui je suis un papy et pas un geek, j'ai 68 ans et j'ai écrit les programmes Traffic et Chevalier Arthur en 83 et 84 quand j'étais à Paris comme ingénieur EDF aux services centraux après avoir débuté comme ingénieur de démarrage à la centrale de Bugey en 1976. Ma femme était enceinte de notre troisième enfant et elle se couchait tôt, ce qui a fait que j'avais de longues soirées à pouvoir bidouiller sur mon ZX 81 qui a été mon premier "ordinateur".

A Paris j'ai trouvé un livret en anglais qui présentait la structure interne du ZX81 et la façon de le programmer en langage machine ainsi qu'un livre un peu plus gros présentant les instructions de Z80.

[Blood] Comment en êtes-vous venu à vouloir faire des jeux ?

[Michel Bouat] J'ai commencé par écrire des sous programmes qui permettaient de faire des animations. A l'époque, j'avais un voisin qui travaillait sur les ferries avec l'Angleterre et qui avait aussi un ZX81 et qui ramenait des magazines présentant des jeux. La conception des jeux était plus pour moi une distraction je dirais technique.

En fait mon côté professionnel n'était pas orienté informatique. Dans mes études j'ai eu l'occasion de programmer en Fortran sur un IBM 1130. Début des années 80, c'était aussi la période des jeux style Dungeons & Dragons, que je trouvais aussi amusant.

[Blood] Traffic était donc votre premier jeu ? Comment est-il né ?

[Michel Bouat] Je n'en ai écrit que 2 il faut dire que le stockage des données sur bande magnétique n'était pas très performant et très long.

J'avais voulu faire une sorte de Frogger, il faut dire qu'il n'y avait pas beaucoup de jeux en langage machine à cette époque mais la seule solution si on ne voulait pas saturer rapidement la mémoire et conserver une grande rapidité d'exécution.


[Blood] Quel âge aviez-vous ?

[Michel Bouat] 33/34 ans
ça a bien changé, lol

[Blood] Une fois le jeu terminé, comment avez-vous contacté Loriciels ?

[Michel Bouat] J'avais vu sur Paris qu' 'il y avait Loriciels qui venait de se créer il y avait peu de temps et je suis allé les voir (M.Bayle) pour leur proposer Traffic un peu au hasard. A l'époque il y avait surtout des jeux en basic.

[Blood] Ok, et alors, comment ça c'est passé, il vous a demandé de changer des trucs ?

[Michel Bouat] Non ils l'ont pris directement sans modifs.

[Blood] Vous souvenez quel contrat vous a-t-il fait signer ? Je veux dire, conserviez-vous les droits ?

[Michel Bouat] A l'époque je faisais ça pour le fun, je n'en avais pas besoin pour vivre. On avait convenu du montant des royalties et régulièrement ils me faisaient un chèque. Je ne me rappelle plus du montant des rémunérations mais je crois me rappeler que les 2 jeux m'ont rapporté 1200 francs et quelques (368€) . Je pense même que j'ai dû payer des impôts dessus.

[Blood] Combien d'exemplaires.se sont écoulés ?

[Michel Bouat] Entre 500 et 1000 il me semble.

[Blood] Entre 500 et 1000 juste pour Traffic ?

[Michel Bouat] Pour les deux, en tout cas ça nous a permis à ma femme et à moi de nous payer 2 blousons en cuir sur mesure !!!Après ils disposaient d'un certain nombre de jeux sans rétribution.

[Blood] Jeux sans rétribution, c'est à dire ?

[Michel Bouat] Ils distribuaient une cinquantaine de jeux sans me rétribuer je crois mais c'était dans le contrat. Au bout d'un moment, les vents faiblissant, je pense que j'ai du abandonner les droits.

[Blood] Qu'entendez-vous par abandonner les droits ?

[Michel Bouat] Quand il n'y a plus de vente je n'en attendais plus rien. C'était quand même quelque chose d'artisanal et je n'étais pas auto entrepreneur.

[Blood] Ok, donc après Traffic il y a eu Chevalier Arthur, quelles sont les inspirations cette fois-ci ?

[Michel Bouat] Arthur et inspiré des jeux du moment qui apparaissaient : mélange d'arcade et d'aventure.

 [Blood] Vous avez parlé de Dungeons & Dragons, c'est une inspiration également ?

[Michel Bouat] Oui je m'intéressais à ce genre de jeu un peu par culture. Je pense qu'à l'époque mes sources relatives à la culture D&D étaient entre autres les numéros spéciaux de Jeux et Stratégie et des livres provenant de la boutique Descartes du quartier Latin.

[Blood] Que pouvez-vous me dire sur son développement, la petite histoire derrière Arthur ?

[Michel Bouat] Comme j'ai dit, il y avait des séquences arcade mélangées à un circuit aventure avec des devinettes ou des aspects mémoriels.

En fait Arthur est la suite de Traffic donc je n'ai fait que réutiliser les routines de base créées pour l'affichage, les déplacements et les interactions avec une introduction de paramètres aléatoires. Il y a des principes que l'on a retrouvé dans les livres dont on est le héros. J'ai fait ce que j'ai pu aussi avec les possibilités graphiques qui étaient quand même limitées.

J'ai parcouru les échanges que vous avez eu pour déplomber Arthur, beau travail et superbe persévérance. J'ai vu que quelqu'un disait qu'Arthur était programmé dans un grand bazar, en fait il faut savoir que j'ai récupéré une partie de la programmation de Traffic (routines d'affichage, de déplacement, générateur aléatoire, interactions entre objets, etc..) en conservant des parties qui avaient un lien avec des adresses fixes, sans les réécrire.

Sinon je n'ai pas utilisé de compilateur mais j'ai écrit les programmes instruction après instruction. 

[Blood] On peut voir des similitudes avec Mazogs, vous confirmez l'influence ?

[Michel Bouat] Je connaissais Mazogs et j'y avais joué à l'époque et il avait été sans doute une source d'inspiration plus pour Arthur que pour Traffic, mais rendons à César ce qui lui appartient. La cassette de Mazogs avait été achetée en Angleterre par mon voisin de l'époque dont je vous ai parlé.

[Blood] Donc Traffic, Arthur puis plus rien. Vous ne vouliez plus faire de jeux. ?

[Michel Bouat] Disons que je ne voulais plus m'emmerder avec une bécane comme le ZX81 où à chaque plantage dans la programmation il fallait recharger à partir du magnétophone, en plus j'avais une famille avec trois enfants et un boulot qui me prenait 55 minutes de déplacement aller/retour entre le Pecq et la rue de Messine. Après j'ai montré quelques jeux à mes enfants sur un Atari...

[Blood] Ce qui est tout à fait entendable. Donc finalement, il n'y a pas eu de jeux en cours de projet ? Vous avez juste tourné la page ?

[Michel Bouat] Absolument

[Blood] Et avec le recul, y a-t-il des aspects du ZX81.dont vous gardez un bon souvenir ?

[Michel Bouat] La possibilité de le pousser grâce au langage machine. Un peu comme certains actuellement qui bricolent et programment des petits robots.

[Blood] Aujourd'hui, vous êtes à la retraite. Y a-t-il un projet dont vous souhaitez parler ?

[Michel Bouat] J'en profite pour peindre par périodes, organiser des voyages avec mon épouse et des amis.

[Blood] Un petit mot pour ceux qui ont joués à vos jeux et pour le groupe Facebook ZX81 France, dernier bastion des aficionados français du ZX81 ?

[Michel Bouat] J'espère qu'ils y ont pris beaucoup de plaisir à y jouer comme moi j'en ai eu à les programmer. J'ai trouvé un site où l'on trouve Traffic on line sur lequel on peut jouer mais pas Arthur ou alors à travers un émulateur peut-être qui permettrait à tous de le redécouvrir.

[Blood] C'est noté, j'en profite pour préciser qu'Arthur a été dumpé pour la première fois il y a juste quelque mois donc je pense que c'est la raison pour laquelle il n'est pas encore proposé sur ce format.

[Michel Bouat] J'avoue que ce n'est que récemment que je suis tombé par hasard sur des sites comme le votre. Bon courage et félicitations pour votre action à faire revivre ces machines et ces programmes.

[Blood] Merci bien.

Interview réalisée par Blood le 3 Décembre 2018 pour le Blog Arkalys Project. Encore merci à Michel Bouat pour son travail et pour avoir eu la gentillesse et la patience de m'accorder cette interview.